LES PEINTURES DOMINIQUE LORSERY

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Dominique Lorsery est un artiste peintre autodidacte. Il est né en 1944, dans un petit village de la Creuse. Son père ouvre une boulangerie à Chateauroux; le jeune Dominique y vivra désormais jusqu’à la fin de ses études secondaires. Dès son plus jeune âge, il apprend le dessin auprès de sa mère, fine portraitiste. L’éducation qu’il reçoit est fortement empreinte de la tradition familiale, éprise de nature et d’art: toutes ses impressions d’enfance et d’adolescent demeurent attachées aux paysages romantiques de la vallée de la Creuse, habitée par l’héritage de la dame de Nohant, George Sand. Dominique Lorsery poursuit son apprentissage en prenant pour étude et modèles les œuvres des peintres paysagistes de l’école de Crozant: ils traduisent si bien son amour de la nature sauvage, solitaire et campagnarde, où le vent, la lumière, se jouent dans les grands arbres au bord des ruisseaux et rivières torrentielles. Il est fasciné par Corot et surtout Monet; il se perfectionne dans l’art de peindre en faisant de nombreuses copies de leurs tableaux. Aujourd’hui, une part importante des toiles de Dominique Lorsery demeure fidèle à la tradition picturale des peintres paysagistes, tradition de « plein air », qui rend atemporelle la lumière de l’instant. La région de la Brenne, immobile dans l’hiver avec ses étangs enveloppés de brume, la Sologne endormie, avec le frémissement soudain des hautes herbes sous l’envol des canards dans un ciel où rougeoie l’or du soir, sont des sujets qu’il affectionne particulièrement. Dominique quitte Chateauroux pour entreprendre les études dentaires à Paris. Bien que des cycles de productions interviennent régulièrement, sa carrière va par la suite exiger une mobilisation qui laisse peu de place à l’expression picturale. Il ouvre son cabinet à Chalon-sur-Saône, où il s’installe avec sa famille. C’est alors que commence l’ « épopée » de Maizières. Maizières est une ancienne abbaye du 17ème siècle. Dominique la découvre dans son état de total abandon; il est subjugué et va lancer un défi au temps. La restauration durera de longues années. Dominique y installe son atelier et donne à Maizières une seconde vie où l’amitié, l’échange et les rencontres sont au rendez-vous. De nombreux peintres de qualité vivent en Bourgogne. C’est ainsi qu’il découvre les marines de Georges Laporte. Depuis toujours fasciné par la mer, la Bretagne devient à cette époque une destination de prédilection et de nombreuses toiles marqueront cette période, où l’océan, source de son inspiration, règne en maître, ainsi que les paysages bretons selon les heures du jour. Pour sa peinture, Dominique Lorsery privilégie alors le couteau: les couleurs sont plaquées sur la toiles et travaillées dans une recherche de nuances subtiles, et chaque fois différentes; la technique se fait plus fragmentée de manière à capturer le mouvement de l’eau. La lumière avec tout son mystère demeure au cœur de son travail. L’évolution et la quête de l’artiste vont prendre un chemin encore plus vaste à travers la découverte de paysages et sphères nouvelles qu’ouvrent les voyages des années de la maturité. Si l’on tente aujourd’hui une rétrospective, « d’ici et d’ailleurs » est sans doute l’expression la plus juste pour qualifier la production de Dominique Lorsery. Les thèmes d’origine et l’attachement de la forme au néoclassicisme, à Monet, Laporte, ce qu’il appelle « la belle peinture », demeurent; mais le peintre voyageur, qui retient des instants privilégiés, des silhouettes dans leur étrangeté, saisit les climats ou l’expression d’un visage porteur de son appartenance; celui qui suggère l’atmosphère des pays traversés, adaptant techniques et couleurs de palette aux émotions nouvelles, aux différents rythmes du temps, devient omniprésent. Le Canada, puis l’Afrique, l’Ouest américain, La Nouvelle-Zélande, la Polynésie, où Dominique retourne régulièrement. Il s’en suit la réalisation de tableaux qui se distinguent des autres et s’affranchissent du passé: le collage fait son apparition, le mélange acrylique et huile est souvent omniprésent. Les toiles prennent une écriture contemporaine, que l’on pourrait qualifier d’  « expressionnisme figuratif ». La modernité l’emporte, par la libération spontanée de la force expressive de l’inspiration: le mouvement du pinceau ou du couteau, le développement thématique, sont portés par la toile en devenir, parfois profondément « hérétique » par rapport à l’intention première. Les tableaux « volcaniques », inspirés par la Nouvelle-Zélande, terre de feu, de grottes souterraines et d’eaux tumultueuses, en sont l’illustration; ou ces paysages, à la frontière de l’imaginaire, aux montagnes incandescentes, traversées de rivières de rubis ou de jade, où les fleurs épanouies sur des rives de magma pourpre, attendent l’éveil et le retour du jour. Jamais cependant, la vision du peintre ne bascule dans l’abstraction: il demeure à la frontière du ressenti et du rêve, l’un nourrissant l’autre de leurs charges émotionnelles: la force de l’émotion pure, un état de grâce, face à la puissance ou la fragilité de l’homme comme de la nature, auquel répond l’expression pudique de l’intime, des dilemmes intérieurs, dans la passion, la nécessité de peindre. Aujourd’hui, Dominique Lorsery continue son périple, habitant au cœur de ses toiles, des paysages connus ou imaginaires, au fil du désir. Ils sont parfois peuplés de créatures étranges, mais comme familières, issues de rêves bleus. Sa production actuelle peut être inspirée par son Berry natal, ou simplement des visions de scènes fugitives, réelles ou imaginaires.Dans un polymorphisme pictural, Dominique Lorsery, aujourd’hui puise à toute source d’inspiration, maître de ses techniques et palettes privilégiées, osant les chemins nouveaux tout en demeurant fidèle à ce qui l’a construit. C’est une inspiration atemporelle et « hors frontières »,une esthétique libre et sans maître, qui caractérisent pour une large part les tableaux actuels et à venir........... Elisabeth Chmielewski